J’ai développé une fascination profonde pour la nuit. Presque imperceptiblement, j’ai navigué depuis les rives de l’inconfort et de la crainte vers une terre d’obscurité apaisée.
La nuit n’est plus notre monde mais celui des animaux, des prédateurs, des monstres d’enfant, des peurs de l’invisible comme de nos propres ombres. Nous sommes face à notre vulnérabilité la plus archaïque, celle d’un singe nu, sentient et pensant.
Dans ce monde sans repères, marcher sans lampe devient un acte initiatique. Les pieds cherchent le sol. Les oreilles – et l’oreille interne- captent le moindre froissement, du sol comme des êtres alentour. Tout le corps écoute. Tout le mental écoute… Que dire de dormir dans l’inconfort d’une cabane, puis dehors à l’abri, puis dehors sous les étoiles, puis simplement enfoui.e dans les feuilles mortes et les fougères, puis de rester éveillé avec les habitants de la nuit, puis … ? La nuit est guérisseuse parce qu’elle nous met dans nos sens et nous rend plus entiers.
Dans d’autres cultures, la nuit est un espace initiatique, le lieu des métamorphoses, des passages invisibles ; et pour certains penseurs, une matière intime, un espace d’approfondissement. Entrer dans la nuit, c’est se réapproprier nos parts d’ombre autant que nos rêves. Dans l’obscurité, la moindre braise se distingue et attire. N’a-t-on pas besoin de cette obscurité pour voir nos braises intérieures, dans nos corps faits de noir ?
Et puis il y a ce moment suspendu, juste avant l’aube. L’impatience pour la lumière. Le chant partagé avec les oiseaux dans un immense chorus du vivant, pour saluer une nuit traversée presque sans encombre, accueillir la clarté comme un cadeau, partager les histoires de la nuit.
Lorsqu’on se réveille le matin d’une de ces expériences, je prends toujours soin d’interroger et peut-être même de sacraliser ce qui vient de se jouer. Les sourires souvent disent tout, même les inconforts. Souvent, j’entends « j’ai bien dormi cette nuit … à de nombreuses reprises… ! »
Et vous, la nuit en nature vous appelle-t-elle ? Dans laquelle de ses formes ? A chaque nouvelle lisière qui m’attire ou me repousse, je me pose trois questions : pourquoi cet élan ou cette absence d’élan ? quel est le chemin balisé de clairières vers cette lisière ? qui m’accompagne, qui est avec moi sur ce chemin ?
Irene Alvarez – Immersion Montagne

Du 8 au 10 mai 2026 – Week-end du 8 mai
Massif du Jura – Septmoncel-les-Molunes
La proposition
Qu’est ce qu’une « écobiographie » ? C’est parler d’écologie à la première personne, et voir comment toutes nos expériences de nature forgent qui nous sommes, comment nous appartenons et agissons dans le monde.
En compagnie de Jean-Philippe Pierron, philosophe penseur de l’écobiographie, et Mado, artiste engagée dans un rapport sensible au vivant, nous explorons notre rapport au vivant.
Nous interrogerons plus spécifiquement la question du temps et des rythmes dans le vivant et dans nos vies. Au prin-« temps », tout s’accélère – à l’image, semblerait-il, de nos vies. Nos expériences de nature peuvent-elles modeler ou transformer, apaiser notre rapport au temps ?
Nous mêlerons réflexion philosophique, pratiques du mouvement, de l’expansion de nos sens et de la marche, ainsi qu’expression sensible et créative. Comme pour toutes nos immersions, aucun pré-requis philosophique, naturaliste, artistique. Juste une curiosité et un élan qui vibrent en vous.
La logistique

22-24 mai 2026 – Pentecôte
Drôme Vercors Sud – Omblèze
La proposition
Observer autour et ressentir en nous le jaillissement du printemps, au plus proche de la nature. La vue, le goût, l’ouïe, tous nos sens seront mobilisés, même ceux que nous oublions parfois tels que notre intuition.
L’intention est de se dépouiller du superflu pour aller à pied à la rencontre des habitants discrets d’un territoire en pleine effervescence. Les plantes et les oiseaux notamment seront nos guides dans cette exploration. Nous apprenons d’eux et ressentons grâce à eux cet élan vital et créatif qui nous habite.
Dans ces quatre jours, nous mêlons nos voix avec Angela Soissong, spécialiste de l’approche sensible des plantes.
La logistique
Rejoignez-nous en visio le 22 avril à 20h pour nous rencontrer et avoir un avant-goût de nos stages de vie sauvage co-animés avec Angela. Inscrivez-vous ici pour recevoir le lien de connexion.

Du 5 au 10 juillet 2026
Drôme Vercors Sud
La proposition
Plongez dans l’art de la vie sauvage. Un territoire à parcourir à la manière des animaux qui l’habitent, une tribu faite d’humains et d’autres êtres vivants à rencontrer, des paysages intérieurs et extérieurs à visiter et des expériences simples mais profondes à vivre.
Nous déposons notre quotidien pour installer notre camp en pleine nature pour la semaine. Nous vivons dehors et arpentons à pied le paysage pour répondre à nos besoins autant matériels qu’intérieurs.
Un autre stage co-animé avec Angela Soissong !
La logistique
Rejoignez-nous en visio le 22 avril à 20h pour nous rencontrer et avoir un avant-goût de nos stages de vie sauvage co-animés avec Angela. Inscrivez-vous ici pour recevoir le lien de connexion.

Prochain atelier le 26 avril 2026
Chamonix Mont-Blanc
Voici une investigation collective, co-facilitée avec Mado Ehrenborg et inspirée par le philosophe Jean-Philippe Pierron, un espace d’expérience et de partage, autour de nos histoires en nature.
Atelier d’une demi-journée en présentiel pour vivre et aborder nos liens au territoire du Mont-Blanc et au-delà, à travers les différentes saisons.

Quand vous voulez, où vous voulez
Une grande partie de notre activité est de construire des immersions sur mesure. Vos dates, votre lieu, votre groupe, votre intention… nous inventons ensemble !
Déjà trois immersions privées prévues ce printemps et cet été ! Avec une intention de connexion profonde à la nature, ou celle de partir à la découverte du milieu, ou encore de vivre un voyage à pied, en famille ou entre amis… A vos envies !

A trois reprises cet hiver nous sommes partis en groupe nous confronter à l’hiver, dans la douceur et la joie.
A chaque fois, j’honore l’audace de ceux qui osent se joindre à ces aventures. Ceux ou plutôt celles, car sans avoir eu cette intention, la plupart étaient des femmes. La plupart mères de famille, l’une enceinte, l’autre accompagnée de son fils de 14 ans pour vivre encore autrement leur lien.
A chaque fois, nous partageons des appréhensions, des envies, des rires, des histoires. A chaque fois, nous rentrons fatiguées mais en se disant que finalement ça n’était pas si difficile. A chaque fois, l’aventure se prolonge au delà des quelques jours passés en montagne. Ça n’est pas banal de s’accorder ce temps de réaccordage, un temps sans pression, sans montre. Cela donne du relief à ce qui compte vraiment pour nous au quotidien.

A la dernière newsletter, j’annonçais l’expérimentation de « L’attribut des Vivants », une communauté sur Whatsapp. Nous formons la Tribu du Vivant. Nous cherchons avec humilité et curiosité à développer nos Attributs de Vivants.
Je suis rejointe dans l’animation de ce lieu virtuel par Angela et Mado !
👉 Rejoindre l’Attribut des Vivants (appelé par défaut « Annonces » par Whatsapp) : vous recevrez des propositions de pratiques en nature et des propositions de stages. Le point commun de ces invitations est de chercher à partager et à nourrir notre relation au vivant. Ces propositions seront postées à un rythme irrégulier – organique-, selon nos inspirations. Dans cet espace, pas d’interaction avec les autres membres, pour ceux-celles qui veulent limiter les messages.
👉 Rejoindre aussi le groupe d’échanges Partages en Tribu pour ceux-celles qui veulent réagir, partager des expériences de nature et se laisser inspirer par celles des autres.

Je ne m’étais pas intéressée aux philosophes grecs depuis le bac. D’ailleurs, m’y suis-je vraiment intéressée un jour ? Coïncidences, plusieurs livres ces temps-ci m’y ramènent, en douceur (càd. je comprends ce qu’ils racontent), et ils me ramènent d’une certaine façon à mon « autochtonie » à moi.
Parmi ces livres, celui de David Abram qui réfléchit à la manière dont nous nous sommes coupés progressivement d’une vision sensible et « intégrée » du monde. Une vision où nous étions en relation non seulement entre humains et avec nos techniques, mais aussi avec tous les éléments et les autres vivants. Selon lui, nos corps sont encore dans cette relation sensible au monde, c’est plutôt notre langage et notamment l’écriture qui ont exclu la « nature » de nos perceptions et appartenances. Avec un tournant-clé dans la Grèce antique, entre Socrate et Platon.
Bonne lecture !
Irene
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